La Cathédrale Holy Trinity et son héritage religieux

Les Récollets sont un ordre religieux installé en Nouvelle-France dès 1615 qui a marqué le territoire québécois et façonné la société du 17e et 18e siècle. Il est important de souligner leur implication dans l’établissement de la colonie :

«Cette désignation de l’arrivée des Récollets en Nouvelle-France nous remémore le rôle-clé que cette communauté a joué dans notre histoire, a déclaré la ministre de la Culture et des Communications, Hélène David. Leur présence en terre québécoise (…) a contribué à forger notre culture et notre identité.» (Cabinet de la ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, 2015)

Les fouilles archéologiques ont jusqu’à maintenant pu identifier quatre phases d’occupation du secteur.

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 Figure 8. Plan du couvent et des terrains des Récollets au XVIIIe siècle (Archives du Séminaire de Québec, tiroir 213, n°6)

La première et deuxième phase d’occupation du site semble être d’une dynamique de « première banlieue » bien différente de la basse ville.  On y retrouve premièrement le bâtiment de la sénéchaussée qui se situait sous la place d’Armes actuelle, en face de l’ancien palais de justice, qui serait de la toute première occupation en au 17e siècle.

« Fondée en 1651 à l’initiative de la Compagnie des Cent-Associés, la Sénéchaussée de Québec est le premier tribunal régulier créé au Canada. Tribunal seigneurial, la Sénéchaussée fait office de cour de première instance pour l’ensemble du gouvernement de Québec. À la tête de ce tribunal, nous retrouvons le grand sénéchal dont les fonctions sont purement honorifiques. Le véritable chef de la Sénéchaussée est le lieutenant général civil et criminel du grand sénéchal. Pour le seconder, on nomme un lieutenant particulier, un procureur fiscal, un greffier et un huissier. Étant donné l’étalement de la population le long du Saint-Laurent, une seconde sénéchaussée est créée en 1651, à Trois-Rivières, pour doter le gouvernement du même nom d’un tribunal de première instance. À sa tête, nous retrouvons un lieutenant général civil et criminel assisté d’un procureur fiscal et d’un greffier. » (Dave Noël)

En 1654, le propriétaire du terrain plus au Nord vend à Charles Philippeau où il érige une maison avec un atelier qui sera ensuite vendu à François Boucher en 1678. En 1661, le huissier Jean Levasseur prend possession d’un autre terrain dans le secteur et s’y établit avant que sa propriété ne passe entre plusieurs mains de 1668 à 1692. Le chirurgien Jean Madry, un autre voisin du quartier, s’installe au Nord-Ouest. À son décès, sa veuve accompagnée de son nouveau mari occupent les lieux jusqu’en 1689, lorsqu’un hôpital général temporaire est installé. Finalement, en 1682 l’hospice des Récollets est construit au Sud ce qui complète les deux premières phases. La troisième phase se distingue par l’occupation du secteur par les Récollets de 1692, avec l’appropriation des terrains et l’instauration du monastère et ses jardins, jusqu’en 1796 où un incendie a détruit le bâtiment. Finalement, la quatrième phase concerne la cathédrale anglicane Holy Trinity depuis sa construction en 1800 jusqu’à aujourd’hui.

Sources :
LALANDE, Dominique. « L’archéologie du monastère des récollets à Québec ». Cahiers d’archéologie du CELAT, 4 (1998), p. 185-239
Cabinet de la ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française. « Désignation de l’arrivée des Récollets en Nouvelle-France ». Gouvernement du Québec. Salle de presse, Communiqués, 2015. https://www.mcc.gouv.qc.ca/index.php?id=2328&no_cache=1&tx_ttnews%5Btt_news%5D=7351&tx_ttnews%5BbackPid%5D=2&cHash=ba3f908a850a22fef803b2530f8d3ea0
NOËL, Dave. « La justice sous le Régime français ». Gouvernement du Québec. Ministère de la Justice, 2005. http://www.justice.gouv.qc.ca/francais/ministere/histoire/structures.htm)